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« La médecine coule dans mes veines » : Denis Deleplanque, retraité, partage le récit fascinant de ses 45 ans de carrière

« La médecine coule dans mes veines » : Denis Deleplanque, retraité, partage le récit fascinant de ses 45 ans de carrière

Denis Deleplanque, médecin généraliste retraité d’Outreau, a accordé un entretien à La Voix du Nord en août 2026. Son récit de 45 ans de carrière dessine le portrait d’un homme habité par la passion du soin. De ses débuts à son engagement local, il raconte une histoire de rencontres et de dévouement.

Son témoignage, disponible en vidéo sur le site du journal, a été vu plus de 10 000 fois en une semaine. Il y évoque les mutations de la médecine générale, mais aussi la relation singulière qui unit un médecin à ses patients. Un parcours marqué par un fil conducteur : écouter avant de prescrire.

45 ans de carrière au service de la médecine générale

Denis Deleplanque a commencé ses études de médecine à Lille dans les années 1970. À l’époque, la formation était très hospitalière. « La médecine générale était apprise sur le tas », explique-t-il. Il s’est installé à Outreau en 1981, dans le Pas-de-Calais, où il a exercé jusqu’à sa retraite en 2026.

Ce qu’il retient de ces décennies ? L’évolution constante de la relation médecin-patient. Dans les années 1980, le praticien faisait figure d’autorité. Aujourd’hui, les patients arrivent avec des recherches Internet et des attentes différentes. « Il faut sans cesse réexpliquer, argumenter, dialoguer », souligne celui qui a vu défiler trois générations de familles.

Les grandes mutations de la pratique médicale

Denis Deleplanque a vécu de plein fouet la transition numérique. L’arrivée de la carte Vitale en 1998, puis de la télétransmission, a bouleversé le quotidien des cabinets. Les dossiers médicaux papier ont laissé place aux logiciels de gestion. « C’était une petite révolution silencieuse », raconte-t-il avec un sourire.

Il a aussi accompagné l’évolution des vaccins, des traitements contre l’hypertension et du suivi du diabète. Chaque décennie a apporté son lot de progrès. « Mais le cœur du métier reste le même, insiste-t-il : prendre le temps d’écouter une histoire de vie qui conditionne parfois les symptômes. »

« Mon premier stéthoscope, je l’ai encore. Il ne me sert plus, mais je le garde précieusement. »

Le médecin, un acteur engagé dans la vie locale

Outreau, Le Portel, Condette : une vingtaine de médecins du sud Boulonnais ont créé une communauté de santé territoriale. Denis Deleplanque en a été l’un des initiateurs. L’objectif ? Lutter contre l’isolement des généralistes et assurer une permanence des soins dans un secteur qui manque de praticiens.

Cette organisation a permis de partager les gardes de nuit et de week-end. Elle a aussi créé des protocoles communs pour les situations d’urgence. « La crise du Covid nous a montré qu’on était plus solides ensemble », confie-t-il. Un engagement qui dépasse le simple cadre médical.

Retraite active et transmission aux jeunes générations

Denis Deleplanque n’a pas complètement raccroché. Il intervient bénévolement dans les facultés de médecine de Lille pour témoigner auprès des étudiants. Son message est simple : la médecine générale demeure une spécialité passionnante, à condition d’accepter l’imprévu.

Pour les jeunes médecins, il a quelques conseils issus de son expérience :

  • 🩺 Ne pas craindre la charge de travail : elle est réelle, mais parfaitement gérable avec une bonne organisation et des collègues de confiance.
  • ❤️ Accorder une place centrale à l’écoute : dix minutes d’attention peuvent parfois éviter des examens inutiles et rassurer plus qu’un traitement.
  • 🤝 S’investir dans les communautés professionnelles territoriales : seul, on s’épuise ; ensemble, on trouve des solutions.
  • 📚 Accepter de se former en continu : les recommandations évoluent, les pratiques aussi, et c’est une chance.

Il encourage aussi les futurs généralistes à se tourner vers les zones sous-denses, où la mission médicale a encore du sens. « En ville comme à la campagne, la médecine générale est un métier de lien social. C’est cela qui m’a porté si longtemps. »

Une vision de la médecine profondément humaine

Interrogé sur le sens du mot partage, Denis Deleplanque cite les consultations de prévention comme moments où la transmission est la plus forte. « Un médecin n’est jamais aussi utile que lorsqu’il amène un patient à comprendre son corps et ses fragilités. »

Il se souvient de ce patient venu pour un simple renouvellement d’ordonnance. Au fil de la discussion, il a découvert que l’homme traversait un deuil difficile. Quelques paroles et une réorientation vers un accompagnement psychologique ont fait plus que tous les médicaments.

  • 🩹 Une dermatite atopique sévère chez un adolescent : la consultation se transforme en dialogue sur la gestion du stress.
  • 🌡️ Une tension artérielle déséquilibrée : le suivi rapproché évite l’hospitalisation et rétablit la confiance dans le soin.
  • 👴 Un patient âgé isolé : le simple rappel d’une consultation à domicile devient un moment d’humanité essentiel.

Sa conception du soin ? Considérer chaque patient dans sa globalité, avec son environnement, ses inquiétudes et ses attentes. Pour lui, la passion du métier repose sur cette singularité : aucun jour ne ressemble au précédent.

Denis Deleplanque transmet aussi son expérience par l’écriture. Dans son carnet, il note des anecdotes, des détails de consultations et ses réflexions sur le système de santé français. Un futur ouvrage ? Il n’écarte pas l’idée, mais il reste modeste : « Avant tout, j’ai envie que ces récits servent à ceux qui s’installent. »

Pour sa commune d’Outreau, ce départ en retraite marque la fin d’une époque. Les patients l’ont dit avec émotion lors de son pot de départ : « Ce médecin-là ne soignait pas seulement des maladies, il accompagnait des vies. »

Et c’est sans doute ce qui rend son témoignage si précieux en 2026 : la médecine de demain se construira sur cette capacité à écouter, à partager et à transmettre avec humanité.

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